Prix Bayeux-Calvados : un reporter de guerre face aux jeunes

Arnaud Comte, grand reporter de France Télévisions et vainqueur du Prix Amnesty International 2016 était devant les lycéens bayeusains lundi après-midi à l'Auditorium de Bayeux. Une rencontre en forme de confessions pour le journaliste et une grande leçon pour son auditoire.

5 octobre 2017 à 9h48 par Aurélien Renault

Crédit : Aurélien Renault - Radio VFM

Il a le regard songeur et la mine perplexe. Dans le hall de la salle de l’Auditorium où l’on vient de le croiser en préambule de sa conférence face aux lycéens de Bayeux, une question cruciale vient de fuser : pourquoi le journaliste Arnaud Comte risque-t-il sa vie pour faire des reportages ? Il mettra de longues secondes à rassembler ses pensées, réalisant inopinément que la réponse n’a rien d’évident. Le devoir citoyen, la défense de la démocratie, l’exaltation d’un métier aventureux, le privilège de voir s’écrire l’histoire sous ses propres yeux, sans doute tout ça à la fois. La question du « pourquoi » autant que celle du « comment » résonnera pendant plus d’une heure sous le toit de l’Auditorium. Des familles entières obligées de fuir, des femmes et des enfants meurtris, des histoires de bombes, de drones piégés ou de fixeurs anges-gardiens. Le récit d’Arnaud Comte a tout d’un scénario à l’Américaine à cela près qu’il émerge de la vie réelle, pas si lointaine, une vie que le journaliste de France Télévisions déroulera sous les yeux d’un jeune auditoire pas toujours conscient de la réalité du monde. Lorsque la peur et le danger s’invitent dans le récit du reporter, certains jeunes baissent d'ailleurs les yeux, détournent le regard. D’autres sont à l'inverse captivés, évoquant en murmures quelques souvenirs vidéoludiques de jeux de guerre. Le conférencier a vite fait toutefois de leur rappeler que la vision callofdutyenne qu'ils ont de la guerre est totalement déformée et qu'elle ne rend pas hommage au réel.Au jeu du question-réponse, les lycéens auront absorbé tout ce qu’Arnaud Comte aura eu à leur raconter, sortant troublés mais très certainement grandis d’un face-à-face salutaire pour tous, une leçon de vie pour les plus jeunes, une forme d’exutoire pour Arnaud Comte qui reconnaitra avec sincérité avoir largement apprécié d'être amené par les élèves bayeusains à se questionner à nouveau sur son métier.


Le reportage radio complet est à retrouver ICI.